Relu par Laurent Mourre · Mis à jour le 28/07/2026
Il n’existe pas d’aliments à bannir complètement. La présence de Cadmium dans un aliment ne signifie pas qu’il faut l’éviter, surtout s’il s’inscrit dans une alimentation variée. L’Anses recommande surtout de réduire l’exposition globale, tandis que la HAS insiste, pour les personnes vivant près de sols potentiellement contaminés, sur la variation de l’origine des aliments et des quantités consommées.
Selon l’Anses, les aliments du quotidien apportent la majorité du Cadmium ingéré. Chez l’adulte, les trois premiers contributeurs sont : le pain et les produits de panification sèche raffinés (19-20 %), les pommes de terre (16-17 %) et les légumes (10-11 %). Suivent notamment les soupes, les viennoiseries, les pâtes, le riz et le blé raffinés.
Chez l’enfant, l’ordre est proche : pommes de terre (18-19 %), pain et panification sèche raffinés (11-12 %), puis viennoiseries, pâtisseries, gâteaux et biscuits sucrés (11-12 %).
Certains aliments peuvent contenir davantage de Cadmium par portion — notamment les abats, les coquillages, les crustacés et le chocolat noir — mais leur contribution réelle dépend beaucoup de la fréquence de consommation.
Le plus utile n’est pas de supprimer des familles entières d’aliments, mais d’éviter les répétitions trop fortes. Pour les pommes de terre, par exemple, l’objectif est surtout d’alterner les féculents au cours de la semaine et de ne pas faire des frites, pommes de terre sautées ou chips une habitude trop fréquente.
En contexte de sol potentiellement contaminé, la HAS recommande aussi de limiter la consommation de légumes issus de jardins individuels ou de cueillette locale, et de varier l’origine des aliments. Ce point concerne surtout les personnes vivant ou séjournant dans une zone où une contamination du sol est suspectée ou documentée.
Concernant l’agriculture biologique, l’Anses, dans l’étude EAT3, n’a pas conclu à une différence robuste entre bio et conventionnel sur l’ensemble des aliments comparés. Une méta-analyse de 2014 suggère cependant 48 % de Cadmium en moins dans les cultures biologiques en moyenne. Le débat scientifique sur ce point n’est donc pas tranché : le label bio peut être un levier intéressant, mais il ne garantit pas à lui seul un aliment pauvre en Cadmium.
Plutôt que d’éviter des aliments utiles, diversifiez vos sources : variez les légumes, alternez les féculents, ne mangez pas toujours les mêmes céréales, et utilisez davantage les légumineuses comme les lentilles, pois chiches ou haricots. Elles peuvent aider à varier les menus sans concentrer l’alimentation sur le pain, les pâtes, le riz ou les pommes de terre.
Pour les enfants de 6 mois à 4 ans vivant dans un environnement potentiellement contaminé, la HAS recommande surtout de limiter l’ingestion de terre et de poussières : laver régulièrement les mains et le visage, raccourcir les ongles, et nettoyer fréquemment les sols avec un linge humide. Ces mesures sont particulièrement importantes dans les zones où une pollution locale au Cadmium est suspectée ou connue.
Ces informations ne remplacent pas un avis médical.