Relu par Laurent Mourre · Mis à jour le 09/09/2026
Non, la contamination n’est pas forcément la même. Les légumes d’un jardin individuel peuvent contenir davantage de Cadmium si le sol est contaminé ou naturellement riche en Cadmium. À l’inverse, les fruits et légumes vendus dans le commerce sont soumis à des plafonds réglementaires européens, variables selon les catégories : par exemple 0,050 mg/kg pour certains fruits, 0,10 mg/kg pour les légumes-racines et la plupart des légumes-feuilles, et 0,20 mg/kg pour les épinards, feuilles similaires et herbes fraîches.
Le Cadmium est un métal présent naturellement dans certains sols. Sa concentration peut aussi augmenter sous l’effet d’activités humaines : anciens dépôts industriels, retombées atmosphériques, usages passés d’engrais phosphatés ou certains amendements.
Un jardin urbain, périurbain ou situé près d’une ancienne zone industrielle peut donc présenter une contamination très différente d’un autre jardin, même à quelques kilomètres de distance. Contrairement aux produits commercialisés, les légumes d’un potager familial ne passent pas par les mêmes circuits de contrôle sanitaire.
Les légumes-feuilles, comme les salades, épinards ou blettes, et certains légumes-racines ou tubercules, comme les carottes, navets, radis ou pommes de terre, peuvent être plus concernés lorsque le sol est contaminé. Les légumes-fruits et les fruits sont généralement moins exposés, car la partie consommée se développe davantage à distance du sol.
Les fruits et légumes vendus en France doivent respecter le Règlement (UE) 2023/915, qui fixe des teneurs maximales en Cadmium pour de nombreuses catégories d’aliments. Ces seuils ne signifient pas qu’un aliment ne contient jamais de Cadmium, mais ils encadrent sa mise sur le marché.
Chez les adultes, les légumes contribuent à environ 10 à 11 % de l’exposition alimentaire totale au Cadmium. Cette contribution varie selon les quantités consommées, les types de légumes, leur origine et la fréquence de consommation.
La Haute Autorité de Santé recommande, en cas de sols pollués ou de suspicion de surexposition liée au lieu de résidence, de limiter la consommation de légumes cultivés dans des jardins individuels ou de végétaux issus de la cueillette locale. Elle recommande aussi de varier l’origine des aliments et les quantités consommées.
En pratique, il n’est pas nécessaire de renoncer aux légumes du jardin si le sol ne présente pas de contamination connue. Le bon réflexe consiste plutôt à alterner avec des produits du commerce, à diversifier les légumes cultivés et à éviter de consommer toute l’année les mêmes légumes issus du même sol.
Pour les potagers situés en ville, près d’anciennes activités industrielles ou sur un terrain dont l’historique est mal connu, consultez notre guide Jardinage et Cadmium : protégez votre potager en 5 gestes.
Pour mieux comprendre les aliments qui contribuent le plus à l’exposition, consultez aussi notre guide Cadmium : quels aliments éviter ou limiter ? Liste et alternatives.
Ces informations ne remplacent pas un avis médical.