Goûter et lunchbox : comment varier sans s'inquiéter du cadmium ?
Un biscuit après l'école. Une tartine avec du chocolat. Des céréales le matin. Faut-il s'inquiéter du cadmium présent dans ces aliments ? Non, il n'y a pas de raison de supprimer le goûter. Le bon réflexe est plus simple : éviter qu'il soit toujours composé des mêmes produits.
Besoin d'idées pour cette semaine ? Voici trois goûters faciles à alterner :
- Un fruit et un yaourt nature ;
- Une tartine de pain avec quelques carrés de chocolat ;
- Une compote sans sucre ajouté et quelques biscuits.
Aucun de ces goûters n'est « sans cadmium », et aucun biscuit occasionnel n'est à bannir. L'idée est de varier les aliments au fil des jours. Voyons pourquoi.
Pourquoi parle-t-on du cadmium dans le goûter ?
Le cadmium est un métal présent dans les sols, naturellement ou du fait de certaines activités humaines. Les plantes peuvent l'absorber par leurs racines. On en retrouve ainsi dans différents aliments, notamment les produits à base de céréales.
Mais un aliment qui contient du cadmium n'est pas forcément un grand contributeur à l'exposition. Tout dépend aussi de la quantité que l'on mange et de la fréquence à laquelle on le mange.
L'étude EAT3 de l'Anses estime ainsi la part de différentes familles d'aliments dans l'exposition moyenne des enfants au cadmium :
- Pommes de terre : 18 à 19 % ;
- Pain et panification sèche raffinés : 11 à 12 % ;
- Viennoiseries, pâtisseries, gâteaux et biscuits sucrés : 11 à 12 % ;
- Légumes : 8 à 9 % ;
- Céréales pour petit-déjeuner : 3 à 3,2 %.
Surprise : les biscuits et gâteaux sucrés comptent davantage que les céréales du petit-déjeuner dans cette estimation. Cela ne veut pas dire qu'un biscuit est « dangereux ». Cela montre qu'un aliment consommé souvent peut finir par peser dans l'exposition globale.
Ces pourcentages concernent toute l'alimentation des enfants, pas le contenu d'une lunchbox particulière. Pour comprendre le cas des céréales du matin, consultez notre guide sur le cadmium dans les céréales du petit-déjeuner.
Et le chocolat : peut-on encore en mettre au goûter ?
Oui. La question n'est pas de supprimer le chocolat, mais de lui garder une place parmi d'autres aliments.
Le chocolat peut contenir du cadmium, particulièrement lorsqu'il est riche en cacao. Dans l'EAT3, le groupe « confiserie et chocolat » représente 3,7 à 4,4 % de l'exposition moyenne des enfants. À titre de comparaison, les viennoiseries, pâtisseries, gâteaux et biscuits sucrés en représentent 11 à 12 %.
L'Anses mesure une concentration moyenne de 58 à 59 µg/kg pour l'ensemble du groupe « confiserie et chocolat ». Ce chiffre rassemble des produits différents : ce n'est pas la teneur moyenne d'une tablette de chocolat au lait. Le plafond européen de 100 µg/kg applicable au chocolat au lait contenant moins de 30 % de cacao est, lui, une limite réglementaire et non une teneur mesurée.
Quelques carrés de chocolat peuvent donc faire partie d'un goûter varié. Il serait en revanche trompeur de donner un nombre de carrés universellement « sans risque » : les teneurs des chocolats diffèrent, et le reste de l'alimentation compte aussi.
Si vous voulez comprendre ces différences, lisez notre article Cadmium et chocolat noir : les taux réels qu'il faut connaître.
Le bio change-t-il la donne ?
Pas de façon garantie. Dans l'EAT3, l'Anses a comparé des échantillons biologiques et conventionnels de 214 aliments, sans pouvoir conclure à une différence générale robuste de teneur en cadmium.
Une méta-analyse publiée en 2014 a trouvé des concentrations moyennes plus faibles dans les cultures et produits végétaux biologiques qu'elle étudiait. Mais ce résultat ne permet pas d'affirmer qu'un biscuit bio, ou qu'une tablette de chocolat bio, contiendra moins de cadmium que son équivalent conventionnel.
Pour le chocolat, l'origine du cacao et les caractéristiques des sols peuvent aussi jouer un rôle. Le label bio ne suffit donc pas à connaître la teneur d'une tablette. Nous détaillons cette question dans notre article sur le cadmium et l'alimentation bio.
Outil pédagogique Cadmium Santé
Estimez votre exposition alimentaire au cadmium
Avec cet outil, vous pouvez estimer votre exposition selon votre alimentation, avec les données Anses EAT3 et INCA3, puis le repère EFSA.
En pratique : trois réflexes qui suffisent pour le goûter
- Alterner les formules. Pain et chocolat un jour, fruit et yaourt un autre, compote et biscuits une autre fois : il n'est pas nécessaire de composer un goûter entièrement nouveau chaque soir.
- Ne pas faire reposer tous les goûters sur les biscuits ou les barres de céréales. Ils peuvent avoir leur place, mais aussi céder la place à un fruit, un produit laitier ou une tartine selon les envies de l'enfant.
- Regarder la semaine plutôt qu'un seul jour. Un goûter ponctuel ne dit presque rien de l'exposition au cadmium. Ce sont les habitudes alimentaires dans leur ensemble qui comptent.
Et si vous hésitez entre pain blanc, complet ou bio, notre article Pain et cadmium : blanc, complet ou bio vous aide à comprendre les différences, sans désigner un pain « parfait ».
FAQ — Les questions des parents
Mon enfant mange des céréales tous les matins et du chocolat à 16 h. Est-ce grave ?
Ces deux habitudes ne permettent pas, à elles seules, de conclure que votre enfant est trop exposé au cadmium. Regardez l'ensemble de son alimentation. Si les goûters se ressemblent chaque jour, vous pouvez simplement introduire davantage de variété, sans supprimer ces aliments ni vous alarmer.
Les céréales du petit-déjeuner vendues en grande surface sont-elles sûres ?
Elles sont encadrées par la réglementation alimentaire. Il n'existe toutefois pas un plafond unique de 100 µg/kg applicable à toutes les céréales du petit-déjeuner : les limites dépendent des catégories de produits. Dans l'EAT3, ces céréales représentent 3 à 3,2 % de l'exposition moyenne des enfants au cadmium.
Le chocolat bio contient-il moins de cadmium ?
Pas nécessairement. Le label bio ne garantit pas une faible teneur. L'origine du cacao et les caractéristiques des sols où il a poussé peuvent aussi influencer la teneur en cadmium du chocolat.
Faut-il faire doser le cadmium chez mon enfant à cause de son alimentation ?
Un goûter habituel ne justifie pas, à lui seul, un dosage. Si vous suspectez une exposition particulière, notamment liée à un sol contaminé, parlez-en à un médecin. Dans ce contexte, la Haute Autorité de santé s'appuie sur un dosage du cadmium dans les urines, prescrit et interprété dans un cadre médical.
Sources
- Anses — Étude de l'alimentation totale française 3 (EAT3), rapport sur le cadmium
- Règlement (UE) 2023/915 — Teneurs maximales en cadmium dans les denrées alimentaires
- Haute Autorité de santé — Recommandations pour les personnes potentiellement surexposées au cadmium du fait de leur lieu de résidence, 2024
- Barański et coll. — Méta-analyse comparant les cultures biologiques et conventionnelles, 2014
Ces informations sont générales et ne remplacent pas un avis médical.